Et si nous parlions de parentalité positive…

Dans son livre « Pour une enfance heureuse. Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau », Catherine Gueguen, médecin pédiatre, spécialisée dans le soutien à la parentalité, formée en communication non violente, nous fait part des dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau. Elle nous guide sur le chemin de la parentalité positive.

« La parentalité positive telle qu’elle est définie par le Conseil de l’Europe se définit par un comportement familial qui respecte l’intérêt supérieur de l’enfant et ses droits comme l’énonce la Convention des Nations unies relatives aux droits de l’enfant, qui prend aussi en compte les besoins et les ressources des parents. Les parents qui agissent ainsi veillent au bien-être de l’enfant, favorisent son autonomie, le guident et le reconnaissent comme un individu à part entière. La parentalité positive n’est pas une parentalité permissive. Elle fixe les limites dont l’enfant a besoin de manière à s’épanouir pleinement. La parentalité positive respecte les droits de l’enfant et favorise l’éducation dans un milieu non-violent. [1] »

Ainsi, la parentalité positive est une approche éducative qui met en valeur les ressources et le potentiel positif de l’enfant ET de ses parents, grâce à une relation d’amour et de respect réciproque, dans laquelle les émotions, les besoins, les désirs et les demandes de chacun sont entendus, reconnus, parlés et respectés pour établir une communication libre, constructive et épanouissante.

« Notre cerceau est réellement « câblé » pour la rencontre humaine et pour une relation qui prend en compte pleinement toute la richesse et la complexité de l’affectivité, des émotions, et des sentiments. Ce mode de relation « idéale » avec l’enfant, respectueuse, empathique, aimante, transforme les échanges entre l’adulte et l’enfant, permet au cerveau de se développer favorablement et épanouit l’être humain.

Beaucoup d’adultes craignent que cette manière d’élever les enfants les rende encore plus indisciplinés. Au contraire, les enfants élevés dans le respect sont beaucoup plus respectueux et attentifs aux autres. En effet, les enfants imitent les adultes autour d’eux. De plus, cette attitude n’empêche évidemment pas de transmettre les repères et les valeurs nécessaires à tout humain. [2] »

Les repères et les valeurs se transmettent ainsi par la façon d’être, d’agir, de penser des parents. L’imitation est un facteur essentiel dans le développement psychique et émotionnel de l’enfant. Les neurones miroirs s’activent lorsque notre enfant prend modèle sur nous. Il se nourrit de notre exemple. Ainsi, pour s’apaiser sur le plan émotionnel, notre enfant a besoin de trouver face à lui un adulte qui le rassure, qui accueille ses émotions, qui l’aide à mieux les comprendre, à mieux se connaître…

« L’enfant sera très fortement influencé par les adultes autour de lui. Il se produit donc un apprentissage implicite, via les neurones miroirs. L’enfant observe son entourage dans les attitudes, la façon de parler et d’agir et les imite sans avoir les capacités de prendre du recul sur ce qu’il voit. [3] »

Grâce aux dernières découvertes sur la maturation du cerveau, nous savons qu’un jeune enfant ne peut pas réagir comme un adulte et contrôler ses émotions, puisqu’il n’est pas encore « armé » pour le faire. C’est physiologique !

C’est comme si les connexions dans son cerveau n’étaient pas encore toutes établies. Il est dans l’instant et il lui est difficile de prendre de la distance avec les vives émotions qui habitent son cœur.

Catherine Gueguen explique :

« Deux points importants sont à souligner :

  • Tant que le cerceau n’a pas atteint sa pleine maturité, les processus de gestion des émotions, des affects ne sont pas totalement fonctionnels. Cela explique les difficultés que l’enfant peut avoir pour contrôler, maîtriser ses réactions émotionnelles ou affectives.
  • Les expériences que vit l’enfant ont un impact sur le développement de son cerveau et influencent ses réactions psycho-affectives et sociales lorsqu’il est enfant, mais aussi quand il sera devenu adulte. [4] »

Parler avec nos enfants des émotions agréables ou désagréables, leur apprendre à découvrir les richesses de ce monde coloré, c’est les aider à mettre des mots sur ce qu’ils vivent à l’intérieur d’eux-mêmes.

C’est leur offrir une présence bienveillante, empathique, aimante tout en maintenant avec fermeté une frustration, une règle afin de les responsabiliser dans leurs attitudes et les aider peu à peu à intégrer les limites. Leur proposer un cadre contenant est structurant et sécurisant pour eux. C’est l’apprentissage de la socialisation, du vivre ensemble, du respect mutuel. Cet apprentissage des compétences sociales est un processus qui s’inscrit dans le temps et qui démarre très tôt dans la vie d’un enfant.

C’est ainsi distinguer un besoin d’un désir. Jacques Salomé, psychosociologue, humaniste pragmatique et spécialiste de la communication, écrit :  

« On m’a souvent demandé la différence qu’il y a entre un besoin et un désir.

Le propre d’un besoin, c’est qu’il a besoin d’être satisfait sinon notre intégrité physique ou psychologique est en danger. On pourrait dire que les besoins sont antérieurs aux désirs, qu’ils sont présents dès l’origine de la vie.

Le propre d’un désir, c’est qu’il a « besoin » d’être reconnu, entendu, pas toujours satisfait même si le désir d’un désir est d’être comblé ! [5] »

La parentalité positive, c’est cette belle alliance entre la bienveillance ET la fermeté. Les enfants ont besoin de ces deux ingrédients pour bien grandir !  

Et n’oublions pas que le parent parfait n’existe pas ! L’enfant parfait n’existe pas non plus ! L’essentiel pour chacun d’entre nous, petits et grands, est de faire toujours de son mieux…


[1] Catherine Gueguen, Pour une enfance heureuse, Éditions Robert Laffont, Paris, 2014, p. 318-319.

[2] Catherine Gueguen, id. p. 321-322.

[3] Catherine Gueguen, id. p. 213.

[4] C. Gueguen, ibid., p. 81.

[5] Jacques Salomé, Papa, Maman, écoutez-moi vraiment, Éditions Albin Michel, 1989.

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Bonne lecture aux petits et aux grands ! 

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