Des extraits de livres

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♥ Bruno BETTELHEIM ♥

Je souhaiterais citer un extrait du livre de Bruno BETTELHEIM, Psychanalyse des contes de fées, qui résume beaucoup de choses selon moi :

« Contrairement au mythe ancien, la sagesse ne jaillit pas d’elle-même, toute faite, comme le fit Athéna de la tête de Zeus ; elle s’élabore petit à petit, après des débuts très irrationnels. Nos expériences vécues dans ce monde ne peuvent nous procurer une compréhension intelligente de notre existence que quand nous avons atteint l’âge adulte. Malheureusement, trop de parents voudraient que l’esprit de leur enfant fonctionnât comme le leur, comme si notre compréhension de nous-mêmes et du monde et nos idées sur le sens de la vie n’étaient pas soumises à une lente évolution qui aboutit à la maturité adulte, ainsi que le font le corps et l’esprit…
Aujourd’hui, comme jadis, la tâche la plus importante et aussi la plus difficile de l’éducation est d’aider l’enfant à donner un sens à sa vie. Pour y parvenir, il doit passer par de nombreuses crises de croissance. À mesure qu’il grandit, il doit apprendre à se comprendre mieux ; en même temps, il devient plus à même de comprendre les autres et, finalement, il peut établir avec eux des relations réciproquement satisfaisantes et significatives.« 
(Bruno BETTELHEIM, Psychanalyse des contes de fées, Éditions Robert Laffont, 1976. p15-16.)

♥ Jacques SALOMÉ ♥

Je suis une grande admiratrice de Jacques SALOMÉ ! J’aime les mots qu’il utilise, son regard sur la Vie, ses aspirations, ses valeurs, ses rêves, tous ses livres et plus particulièrement ses contes que je trouve fabuleux…

« Trois petits mots et puis s’en vont…
Les mots ne s’en vont pas, les paroles ne s’envolent pas, elles se déposent ou continuent de voyager en vibrations subtiles, en invitations silencieuses.
L’essence d’un conte est une parole invisible sertie entre deux mots… »
Jacques SALOMÉ, Contes à guérir, contes à grandir. Albin Michel, 1993. p 372.

« La plupart des contes ont pour héros le courage, l’amour, l’espoir, la ténacité, la tendresse ou la compassion, et surtout, surtout, la vie sous toutes ses formes. La vie ardente qui ne se décourage jamais, qui au-delà de toutes les maltraitances, de toutes les ignorances ou des violences dont elle est l’objet, fait face, se redresse, tient le coup, rayonne et se multiplie. » (…) Les contes « contiennent des mots qui nous enveloppent, nous caressent et nous serrent dans une amicale clarté ; ils nous proposent des associations qui nous illuminent dans une limpide atmosphère et nous déposent, plus apaisés, aux confins de l’imaginaire et du réel. »
Jacques Salomé, Contes à aimer, contes à s’aimer. Albin Michel, 2000. p 8-9.

« Élever un enfant, c’est lui permettre non seulement d’exister, mais de se positionner comme sujet. En lui reconnaissant cette aptitude à être un partenaire actif, compétent et non l’objet de nos désirs, de nos peurs ou de nos insatisfactions, nous lui donnons ainsi les moyens de se confronter à ses propres ressources et à ses propres limites. » Jacques Salomé, Heureux qui communique, Éditions Albin Michel, Paris, 2003, p21.

♥ Vincent de GAULEJAC ♥

Vincent de GAULEJAC, sociologue clinicien, s’intéresse à la dimension existentielle des rapports sociaux :

«Telle une poupée gigogne, l’histoire individuelle est emboîtée dans une histoire familiale elle-même insérée dans une histoire sociale. Chacun s’inscrit dans ce réseau qui situe sa place, son identité. En ce sens, l’homme est histoire.
Cette formule doit être comprise sur plusieurs plans :
– L’individu est produit par l’histoire ; son identité s’est construite à partir d’une part des événements personnels qu’il a vécus et qui forment la trame de sa biographie, histoire singulière et unique, et d’autre part des éléments communs à sa famille, à sa classe d’appartenance, à son milieu qui le positionnent comme un être socio-historique.
– L’individu est acteur de l’histoire… Il est porteur d’historicité, c’est-à-dire de la capacité d’intervenir sur sa propre histoire, fonction qui le positionne en tant que sujet dans un mouvement dialectique entre ce qu’il est et ce qu’il devient. L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet.
– L’individu est producteur d’histoire : par son activité fantasmatique, sa mémoire, sa parole et son écrit, l’homme opère une reconstruction du passé, comme s’il voulait faute d’en contrôler le cours, au moins en maîtriser le sens. »
Vincent DE GAULEJAC, La névrose de classe, Éditions Hommes et groupes éditeurs, Paris, 1987. p 26-27

♥ Mahatma GANDHI ♥

Un extrait du livre de Mahatma GANDHI, Tous les hommes sont frères. Vie et pensées du Mahatma Gandhi d’après ses œuvres. Paris, Gallimard, 1990.p 255.

« J’estime que pour bien éduquer l’intelligence, le seul moyen est d’exercer et de développer convenablement les organes du corps, c’est-à-dire la vue, l’ouïe, l’odorat, les mains, les pieds, etc.
En d’autres termes, un usage intelligent des facultés corporelles, chez un enfant permet de développer son intelligence de la manière la plus appropriée et la plus rapide.
Mais ce serait construire un édifice bien bancal si, parallèlement au développement du corps, on négligerait celui de l’esprit et l’éveil de l’âme.
Par formation spirituelle, j’entends l’éducation du cœur. »

♥ Dr Catherine GUEGUEN ♥

Catherine GUEGUEN est pédiatre, spécialisée dans le soutien à la parentalité, formée en haptonomie et en communication non violente.
« Notre cerceau est réellement « câblé » pour la rencontre humaine et pour une relation qui prend en compte pleinement toute la richesse et la complexité de l’affectivité, des émotions, et des sentiments. Ce mode de relation « idéale » avec l’enfant, respectueuse, empathique, aimante, transforme les échanges entre l’adulte et l’enfant, permet au cerveau de se développer favorablement et épanouit l’être humain.
Beaucoup d’adultes craignent que cette manière d’élever les enfants les rende encore plus indisciplinés. Au contraire, les enfants élevés dans le respect sont beaucoup plus respectueux et attentifs aux autres. En effet, les enfants imitent les adultes autour d’eux. De plus, cette attitude n’empêche évidemment pas de transmettre les repères et les valeurs nécessaires à tout humain. »
Catherine GUEGUEN, Pour une enfance heureuse. Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. Éditions Robert Laffont, Paris, 2014. p321-322.

♥ Catherine Dumonteil-Kremer ♥

Catherine Dumonteil-Kreimer est consultante familiale, éducatrice Montessori, conférencière, fondatrice de l’association « La maison de l’enfant » et de la liste de discussion « Parents Conscients  » qui est le plus grand groupe francophone de soutien à la parentalité positive. Elle a initié en France l’organisation de la Journée de la non-violence éducative.
« Notre enfant n’est pas une marionnette faite pour répondre présent aux personnes qu’il aime le plus au monde, en lesquelles il a le plus confiance : ses parents. C’est une personne sensible qui vit comme nous des deuils, des déceptions, qui a des désirs, des besoins et qui, caractéristique de ses premières années, s’attend au meilleur dans la vie. Notre enfant va toute son existence apprendre à vivre dans le monde des humains. Si nous le respectons, il n’obéira pas aveuglément à des ordres, mais sera capable de comprendre les personnes et choisir de faire ou non ce qu’on lui demande. Notre rôle de parents est bien heureusement devenu complexe. Il nous faut réfléchir à une autre manière de communiquer avec nos enfants, nous former, prendre des informations et des encouragements au sein de groupes, de travailler sur nous. C’est le projet d’une vie, mais il en vaut la peine. Il y a un monde meilleur au bout de cette route ! » Catherine Dumonteil-Kreimer, Poser des limites à son enfant et le respecter. Éditions Jouvence, 2004. p 94.

♥ Jane Nelsen ♥

Quel est le but de la discipline positive ?
« (…) développer sans attendre autonomie et coopération. La permissivité, quant à elle, crée une codépendance néfaste au lieu de développer autonomie et coopération.
De nombreux parents et enseignants pensent que, s’ils abandonnent le contrôle excessif et la sévérité, ils s’exposent aux affres de la permissivité. Il est donc important de revenir au sens premier du mot « discipline ». Ce terme est souvent assimilé au fait de punir et de soumettre.
Le mot « discipline » vient du latin discipulus/disciplini qui veut dire « celui qui suit la vérité, un modèle ou un principe ».
Les enfants et les élèves ne se soumettront pas à un modèle sans répondre à une motivation intrinsèque ni sans avoir l’autoévaluation et la maîtrise de soi. Or la punition comme la récompense résultent toutes les deux d’une évaluation extérieure à l’enfant. » Jane NELSEN, adaptation de Béatrice SABATÉ, La discipline positive. En famille, à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance, Éditions Marabout, Paris, 2012. p34.

♥ Adele Faber et E. Mazlish ♥

Nos enfants  » peuvent eux aussi trouver leurs propres solutions si nous leur offrons une oreille attentive et une réaction empathique. Mais le langage de l’empathie ne nous vient pas naturellement. Il ne fait pas partie de notre langue maternelle. La plupart d’entre nous avons grandi dans un entourage niant trop souvent nos sentiments. Pour parler couramment ce nouveau langage d’accueil, nous devons en apprendre les particularités et l’utiliser régulièrement. » A. Faber et E. Mazlish, Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Aux Éditions du Phare, France, 2012, p28.

 Marshall Rosenberg ♥

« Avec la Communication NonViolente, non seulement nous demandons ce que nous voulons, mais nous le faisons en termes d’actions concrètes sans employer de formules vagues et abstraites. Ce langage d’action clair aide les autres à réagir favorablement à nos demandes. » Marshall B. Rosenberg, La Communication NonViolente au quotidien, Éditions Jouvence, Paris, 2003, p57.

 « Nous sommes appelés à développer notre capacité à expliquer à nos enfants en quoi leur comportement est en harmonie ou en conflit avec nos besoins, mais en le formulant d’une manière qui ne suscite chez l’enfant ni honte ni culpabilité. » Marshall. B. Rosenberg, Élever nos enfants avec bienveillance, Éditions Jouvence, Paris, 2007, p27.

Thomas Gordon ♥

« Les parents ont besoin de moyens efficaces pour traiter les comportements de leurs enfants qui briment leurs propres besoins. Après tout, les parents ont eux aussi des besoins. Ils ont leur propre vie à vivre ainsi que le droit de retirer plaisir et satisfaction de leur existence.
Malgré cela, plusieurs parents que nous rencontrons dans nos groupes ont accordé à leurs enfants une position de faveur au sein de la famille. Ces enfants exigent la satisfaction de leurs besoins mais n’ont aucune considération pour les besoins de leurs parents.
À leur grande déception, bien des parents découvrent, à mesure que leurs enfants grandissent, que ceux-ci agissent comme s’ils n’avaient aucune conscience des besoins de leurs parents. Lorsque les parents le permettent, les enfants se comportent comme si la vie était un sens unique orienté vers la satisfaction continuelle de leurs propres besoins. Quand ils laissent leurs enfants agir ainsi, les parents deviennent habituellement aigris et éprouvent un profond ressentiment à l’égard de leurs enfants « égoïstes et ingrats ». Thomas Gordon, Parents efficaces. Les règles d’or de la communication entre parents et enfants, Édition Marabout, Paris, janvier 2013. p 124.

Isabelle Filliozat ♥

 « Tous les êtres humains, dans les mêmes situations ressentent les mêmes modifications physiologiques dans leur corps. Les émotions sont notre langage commun. Comprendre mieux les autres, réagir avec empathie à leurs besoins et à leurs sentiments, permet d’avoir moins peur d’autrui, de nous sentir plus proches, plus solidaires et de renforcer la coopération.
Tout notre système éducatif est à revoir. Orienté QI, il ne prépare pas nos enfants à la vie de demain. Il faut faire de la place aux émotions, prendre en compte le développement social et affectif. L’intelligence du cœur a besoin de se nourrir de connaissances, de savoir-faire et de savoir-être, tout autant que les autres intelligences. » Isabelle Filliozat, L’intelligence du coeur, Éditions Marabout, 2013. p 19

« Être parent est une grande aventure. C’est fabuleux… et osons le dire, très éprouvant, physiquement comme émotionnellement. Chacun rêve ses enfants. Puis ils naissent. Si nous sommes comblés au-delà de nos attentes, tant ils nous apportent de bonheur, il arrive aussi que nous plongions dans le désespoir et l’impuissance. Les nouveaux parents sont souvent démunis devant l’intensité des affects qui les assaillent, la complexité du nouveau monde dans lequel ils pénètrent. » Isabelle Filliozat, Il n’y a pas de parent parfait, Éditions Marabout, 2013. p 11.

Myla et Jon Kabat-Zinn  

 « Chaque moment difficile est susceptible de m’ouvrir les yeux et le cœur. Chaque fois que je comprends une chose à propos d’un de mes enfants, j’apprends aussi sur moi-même et sur l’enfant que j’étais, et cette leçon me sert de guide. Quand je suis capable d’empathie et de compassion face à la douleur de l’enfant, quand j’accepte le comportement d’opposition, agaçant, exaspérant que mes enfants adoptent de manière plus ou moins consciente, le pouvoir guérisseur de l’amour inconditionnel m’apaise en même temps qu’il les aide à grandir. Je grandis en même temps qu’eux. Mes transformations sont internes. » p 27 Myla et Jon Kabat-Zinn, « Être parent en pleine conscience », Éditions des Arènes, Paris, 2012. 

 

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